Un marchand d’art soupçonné d’avoir escroqué 146 artistes

Publié le par BIZ

ARTICLE PUBLIE DANS LE PARISIEN DU 7/05/2010

 

Un marchand d’art de 61 ans, son fils de 30 ans et un employé de 29 ans ont été mis en examen, hier à Versailles, pour escroquerie. La justice leur reproche d’avoir, entre 2003 et 2010, à Saint-Germain-en-Laye, Le Pecq, Orgeval et Paris, escroqué 146 artistes. Le préjudice s’élèverait à 400000 €.


L’affaire commence en 2006 lorsque le parquet de Versailles découvre une anomalie lors de la liquidation judiciaire d’une société de l’aigrefin. Les activités de Maxime G. sont connues de tous dans le milieu de l’art et de nombreux témoignages d’artistes spoliés circulent sur Internet. Sa méthode est toujours la même. Un commercial recrute des artistes et leur propose d’exposer leurs œuvres dans des lieux prestigieux aux côtés de toiles de peintres très connus. Il loue des salles au Ritz, au Louvre, et dans des hôtels de Genève, Monte-Carlo, mais aussi à New York.

Tout récemment, il a promis d’organiser un événement lors de l’Exposition universelle de Shanghai, événement qui s’est finalement tenu à Paris. « Il demande à ses victimes des sommes allant de 150 € à 4500 € pour des expositions et des parutions dans des catalogues, précise une source proche de l’affaire. L’escroc flatte le narcissisme des peintres pour leur soutirer de l’argent. » En fait, les lieux sont loués, mais les factures ne sont pas toujours réglées. Les tableaux sont accrochés mais sans être associés à des artistes connus. Durant les perquisitions, la police n’a trouvé aucune planification d’exposition et sa comptabilité est incompréhensible. Tout l’argent encaissé sur les comptes est décaissé le lendemain et disparaît. En clair, Maxime G. organise son insolvabilité.

 

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Les trois hommes ont été placés en garde à vue mardi dans les locaux de la PJ. Maxime G. est déjà très connu de la justice pour des délits financiers. Lors des auditions, il reconnaît quelques erreurs, qui pourraient être des fautes aux yeux de la justice. Il estime qu’il a bien organisé les expositions prévues, que les artistes lisent mal les contrats et que, si les tableaux ne sont pas arrivés sur les lieux d’exposition, c’est à cause de Chronopost. Son fils adopte la même ligne de défense. Quant au commercial, il a avoué qu’il était chargé de recruter les artistes. L’enquête se poursuit.

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